SSI de catégorie A : un système à l’efficacité démontrée

20 Février 2019
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Un Système de Sécurité Incendie (SSI) est constitué de l’ensemble des matériels servant à collecter toutes les informations ou ordres liés à la seule sécurité incendie, à les traiter et à effectuer les fonctions nécessaires à la mise en sécurité d’un bâtiment ou d’un établissement (Évacuation/ Compartimentage/ Désenfumage).

Dans sa version la plus complète et la plus sophistiquée, le SSI de catégorie A, assure la mise en sécurité automatique selon des scénarii préétablis, dès sollicitation d’un détecteur d’incendie assurant la surveillance de tout ou partie de l’établissement.

En France, la réglementation incendie précise dans certains cas la catégorie du SSI qu’il faut mettre en place pour protéger un bâtiment. Dans ce cas, la réglementation renvoie au respect des normes françaises homologuées caractérisant ces matériels et leur mise en œuvre.

Ainsi, tous les IGH et certains ERP, notamment ceux disposant de locaux à sommeil, doivent être protégés par un SSI de catégorie A. Il peut aussi être prescrit par l’autorité administrative, en vue de compenser une disposition réglementaire à laquelle il a pu être dérogé.

Pour autant, rien n’interdit à un maître d’ouvrage de doter son bâtiment d’un tel système, considérant cet investissement comme de nature à augmenter le niveau de sécurité de son établissement.

Sa conception et sa mise en œuvre sont en principe correctement maîtrisées (Utilisation de matériels certifiés, respect des conditions d’installation, coordination des travaux par une personne spécifiquement aguerrie à cet exercice, réalisation d’autocontrôles par les entreprises, essais de corrélation et de bon fonctionnement lors de la réception des travaux.)

Néanmoins, il serait illusoire, voire dangereux, de considérer ce « premier acte » comme suffisant, et de penser l’établissement et ses occupants protégés, sans que ne soient prises en complément des mesures en matières d’exploitation, d’entretien et de vérifications périodiques du système.

Parmi ces mesures, des dispositions organisationnelles doivent permettre d’assurer la présence à proximité du tableau de signalisation, d’un préposé à la surveillance du système pendant les périodes où l’établissement est en activité (présence public et/ou personnel).

Cette personne doit être en capacité de comprendre les différentes informations d’alarme reportées sur les équipements de signalisation, afin de déclencher sans délai les actions qui s’imposent en cas de :

- réception d’une alarme feu ;

- signalement d’une anomalie susceptible de remettre en cause le bon fonctionnement de tout ou d’une partie du système de détection ou de mise en sécurité incendie.

Elle doit aussi être capable de réaliser des manipulations simples sur le matériel du SSI, voire selon les missions qui lui sont confiées, maîtriser parfaitement d’autres manipulations considérées comme plus expertes :

- acquittement du processus d’alarme générale d’évacuation ;

- mise hors service temporaire d’un point ou d’une zone de détection ;

- arrêt prioritaire d’un moteur de désenfumage sur demande des secours extérieurs ;

- réarmement du système.

Certaines de ces manipulations sont de nature à modifier l’état de veille du SSI et ne sont donc accessibles qu’au moyen d’une clé ou d’un code (Niveau d’accès II). Ces opérations, réservées aux « personnes ayant une responsabilité particulière de sécurité » exigent surtout de celles-ci qu’elles soient en mesure d'en connaître les conséquences prévisibles sur le système.

Il peut être utile de rappeler qu’aucune qualification particulière n’est exigée pour l’exploitation d’un SSI de catégorie A (y compris au niveau d’accès II). Il est toutefois indispensable d’insister sur le fait que la personne doit disposer d’une formation adaptée, dédiée à l’équipement sur lequel elle sera amenée à interagir.

Cette exigence de formation du personnel à l’exploitation du SSI est précisée au paragraphe 6.1 de la norme NF S 61-933 (1). Elle s’impose donc comme une disposition réglementaire en Immeuble de Grande Hauteur (IGH) comme en Etablissement Recevant du Public (ERP) et doit pouvoir être justifiée. Aucun diplôme SSIAP ne permet de s’en exonérer, puisque cette formation, réalisée in situ, doit permettre aux personnes de s’approprier les spécificités et les modes opératoires d’un système de sécurité incendie propre à chaque établissement.

A la fin des travaux de mise en œuvre d’un SSI, le rôle de l’installateur est de former le futur exploitant du système et d’en assurer la traçabilité.

Il appartiendra ensuite au chef d’établissement de prendre les dispositions nécessaires pour que cette compétence particulière soit entretenue dans le temps et que toute nouvelle personne amenée ultérieurement à exploiter le SSI, bénéficie d’une formation appropriée.

Rien n’interdit alors au personnel de l’établissement d’animer ces formations, dès lors que celui-ci est reconnu disposer d’une connaissance suffisante du SSI installé et d’une parfaite maîtrise des manipulations nécessaires à son exploitation au quotidien.

Pour autant, il faudra veiller à respecter un certain formalisme, notamment au travers de la définition d’un contenu pédagogique et l’établissement d’un procès-verbal de formation reprenant à minima les éléments spécifiés par la norme.

Enfin, la mise en place d’une grille d’évaluation peut être un outil à privilégier pour s’assurer de l’acquisition des connaissances utiles et des savoir-faire nécessaires à l’exploitation du SSI et identifier le cas échéant les points particuliers qui nécessiteraient un complément de formation.

 

(1) Norme NF S 61-933 (Sept. 2011) Systèmes de Sécurité Incendie (S.S.I.) - Règles d'exploitation et de maintenance.

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